"La nuit tombe. Mon père et sa nouvelle femme batifolent dans la chambre à coucher. La main dans la main, ils caressent son ventre, espérant le faire scintiller et fleurir. Ils s’enlacent ; elle l’enveloppe de sa chair ; ils gloussent et gémissent. Ils vivent des heures délicieuses." Note d’Oriane (stylo encre noire) : un bien beau livre. Je ne peux m’empêcher, en lisant ce passage, de penser aux poèmes à Gilberte de Marc Hodges — ou pour Gilberte, je ne sais plus trop —, il y a dans ce fragment d’érotisme une impudeur tranquille, naturelle qui est la caractéristique de ces poèmes écrit dans des moments d’exaltation, plus exactement de rapt (au sens du mot latin raptus, de fuite hors de soi…). Toujours les mêmes, infinis en nombre, ils sont toujours différents car, comme des papillons fascinés par la lumière d’une lampe, ils tournent autour de ce moment particulier, indescriptible, et qui ne peut être rendu que par la rotation elle-même.
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